Quand la galerie Anatome était le lieu du graphisme à Paris
Pendant longtemps, Paris n’a pas eu d’espace spécifique pour exposer le graphisme.
Il a fallu attendre le basculement du XXe siècle, en 1999, pour que Marie-Anne Couvreu et Henri Meynadier, ouvrent la galerie Anatome. Avec un défi relevé pendant plus de 12 ans, promouvoir et faire vivre graphisme dans sa diversité.
C’était il y a 25 ans. Les souvenirs sont encore présents chez de nombreuses personnes pour qui la galerie Anatome a été bien plus qu’un simple lieu d’exposition.
Un lieu de découverte, d’échanges, de débats et de rencontres, un lieu festif où l’amitié était au rendez-vous.
Cette initiative fut porteuse d’un engouement et d’un immense espoir… celui de voir le graphisme exister en France.
38 rue Sedaine, dans le 11e arrondissement de Paris…
Pour toute une génération, cette adresse près de Bastille vibre encore des soirées de vernissage d’un lieu unique, consacré au graphisme sous toutes ses formes, à la résonance internationale… la galerie Anatome.
Le quartier n’offrait pas de curiosités culturelles particulières et de l’extérieur, rien ne distinguait la galerie des bâtiments anciens de la rue occupés par des grossistes en vêtement.
On pénétrait par une cour intérieure pavée, largement végétalisée qui donnait accès à la galerie, un ancien atelier aux baies vitrées, poutres apparentes peintes en blanc. Un vaste espace lumineux de 300 mètres carrés sur deux niveaux.
Au fond de la cour, un grand bâtiment de deux étages accueille l’agence de communication Anatome fondée par Henry Meynadier en 1986, à Montpellier. On y retrouve divers militants de gauche qui vont prendre de la distance avec la ligne jugée trop rigide du PCF.
À l’époque l’agence gère de gros marchés dont les Mutuelles de France, de nombreux ministères et institutions ainsi que le Conseil Général de l’Hérault et son Espace à Paris. En parallèle, Anatome s’implantera à Lyon, Limoges et Marseille.
En 1989, à l’occasion d’un événementiel, Anatome Montpellier va louer des locaux qui seront gérés par Michel Lévy à qui l’on confie le développement de l’activité de l’agence parisienne.
Après plusieurs déménagements dus à sa croissance, l’agence s’installera dans le 11e, rue Sedaine.
« — La galerie, je l’ai peu connue, je suis parti au moment où l’idée d’ouvrir un espace à côté de l’agence commençait à prendre forme. C’est l’époque où l’on travaillait avec plusieurs graphistes suisses, dont Pierre Neumann qui fera rencontrer Marie-Anne Couvreu à Henry Meynadier.
Cette galerie était un rêve pour Henry Meynadier, celui d’être proche des artistes. »
Michel Lévy, directeur, créateur de l’agence Anatome Paris de 1989 à 1993
Une grosse agence donc, avec une particularité.
« — Il y avait une ruche dans le bureau d’Henry Meynadier. Une vraie ruche. Et c’était des dizaines de milliers d’abeilles qui s’en allaient chaque jour butiner au cimetière du Père-Lachaise voisin.
Un trou de la taille d’une assiette avait été confectionné dans une fenêtre pour que les abeilles puissent circuler librement dans les bureaux. Et tous les ans, Henry Meynadier récoltait le miel produit. Ce qui représentait une quarantaine de pots…
C’était ça l’esprit de l’agence Anatome… »
Étienne Robial, directeur artistique général de Canal +.
Marie-Anne Couvreu, d’origine suisse, devient directrice de création au sein de l’agence et voyage beaucoup.
Elle visite de nombreuses écoles d’art du monde entier. Prague Varsovie, Puebla au Mexique, Montréal. Et souhaite établir des ponts pour accueillir au sein de l’agence des étudiants en stage durant quelques mois.
En ayant cette expérience internationale, elle va rapidement faire le constat du peu de visibilité du graphisme en France et du manque criant de culture graphique chez les étudiants.
« — En Angleterre, en Allemagne, aux Pays-Bas, il y a en permanence des lieux consacrés au graphisme, précise-t-elle. Cette culture du graphisme est répandue au point que la moindre personne fait attention à son papier à lettres ou à l’affiche au coin de sa rue. Ce n’est absolument pas le cas en France. »
En 1998, l’idée d’ouvrir un lieu dédié au graphisme contemporain fait son chemin dans l’esprit de Marie-Anne Couvreu et Henry Meynadier. D’autant qu’un ancien atelier d’architectes donnant sur la cour est inoccupé.
Un lieu existe, la ligne éditoriale reste à préciser.
L’idée de Marie-Anne Couvreu était simple : “Voir à Paris ce qu’il était impossible de voir à l’époque”. Exposer au cœur de la capitale ce qu’elle découvrait à la biennale de Varsovie, à Bonn, à Zürich ou même à la biennale de Mexico.
Présenter à un public qui ne pouvait pas se déplacer, des affiches taille réelle avec un vrai souci pédagogique d’explication du travail d’un graphiste.
Car à la fin des années 90, peu de gens savent ce qu’est le graphisme.
C’est l’époque des grands chantiers prestigieux… le Louvre, La Villette, le Musée d’Orsay, mais aussi des théâtres et des musées. La culture s’ouvre à des domaines jusque là considérés comme secondaires, le stylisme, le design objet, la bande dessinée… et le graphisme.
En France, on détermine très bien ce que sont l’architecture, la photographie ou même le design, mais le graphisme est mal défini.
Le Festival de l’affiche de Chaumont est inauguré en 1989, celui d’Échirolles, l’année suivante. Mais à Paris, rien ou presque, il n’y a pas de lieu consacré spécifiquement au graphisme.
Pourtant, il y eut quelques rares précédents qui annoncèrent un espoir de reconnaissance de la discipline.
C’est à Villeurbanne que l’ondécouvre des prémisses d’expositions où le graphisme trouve une place à part entière.
Après une formation de graphiste à l’École des Arts appliqués de Zurich (Schule für Gestaltung), Ruedi Baur s’installe à Villeurbanne au milieu des années 80 et crée “Projet”, une revue traitant de la création appliquée. Le cinquième numéro intitulé « 3.06.85 ou projets » constitua un tournant. Il prit la forme des futurs catalogues de la Galerie Projets dans l’appartement atelier de Ruedi Baur de 1985 à 1988.
« — Il ne s’agissait aucunement de développer une activité commerciale ni de présenter notre propre production encore émergente, mais plutôt celle de designers emblématiques nous permettant ainsi de poursuivre notre réflexion sur cette attitude de création que nous modelions progressivement. Mais s’ouvrait à travers la conception de ces expositions une autre réflexion : celle liée aux conditions de présentation comme de publication de ces projets de design dont le dessein n’était ni l’exposition ni la reproduction dans des catalogues.
Les huit expositions conçues dans le cadre de la Galerie Projets m’ont permis, comme très jeune designer, d’approcher et d’échanger avec ces créateurs de renom. Elles ont contribué à ouvrir un débat public sur le rôle et les intérêts d’une exigence en matière de design. »
Ruedi Baur organisera ainsi une importante série d’expositions de design souvent accompagnée de catalogues : « Made in Switzerland » (1985), A.G. Fronzoni » (1986), « AGI Italie » (1986), « Kieler Woche » (1986), « Michael Baviera » (1987), « Le design anglais : avec Ross Lovegrove and Peter Brown, Peter Saville, Malcolm Garret, Peter Keene» (1987), « Couleurs seules », « Deutsch Design » rassemblant Dieter Rams, Anton Stankowski et Otl Aicher (1988).
10 ans plus tard, en 1996, c’est à Bordeaux que Véronique Marrier va animer, accompagnée du collectif “L’art est net”, la galerie Quatre-vingt-dix degrés. Trois ans d’activité et 14 expositions qui feront découvrir un éventail de la scène graphique à un public qui répondra rapidement présent les soirs de vernissage. Un vrai lieu consacré uniquement au graphisme.
Ronald Curchod, les Graphistes associés, M&M, Labomatic, Trace de doigt, le Glasgow graphique design, …
C’est l’époque où internet n’existe pas encore.
« — La grande chance que j’ai eue, se souvient Véronique Marrier, c’est de sympathiser avec Émile Solo et Claudia de Bonisse, les responsables de la librairie la Hune à Paris qui s’intéressaient au graphisme et qui, très tôt, ont entendu parler de notre galerie bordelaise. Car notre internet à cette époque c’était la Hune, tous les graphistes venaient acheter de la documentation dans cette librairie historique du boulevard St Germain. »
La galerie Quatre-vingt-dix degrés fermera en 1999.
Et tout naturellement, la même année, le lien se fera avec le projet en cours de la galerie Anatome.
« — Deux semaines après la clôture de la galerie bordelaise, je reçois un appel d’Henry Meynadier et Marie-Anne Couvreu. “Nous avons entendu dire que tu fermais Quatre-vingt-dix degrés, nous souhaitons ouvrir un lieu à Paris et ton expertise nous intéresse !”
Nous nous sommes vus, mais entre-temps je venais de signer un contrat chez Pyramyd pour monter le pôle édition, précise Véronique Marrier. »
Car depuis quelque temps, Henry Meynadier et Marie-Anne Couvreu ont commencé à rencontrer différents acteurs du domaine graphique qui les encouragent dans leur projet. Des graphistes qui leur sont proches, Pierre Neumann, Une Loesch ou Philippe Apeloig. Mais aussi Christian Caujolle de l’agence VU, Marsha Emanuel de la Délégation aux Arts plastiques, François Barré, récemment nommé directeur de l’Architecture et du Patrimoine et bien d’autres…
Lors d’un diner entre amis, Marie-Anne Couvreu interpelle le graphiste Michel Bouvet, dont l’atelier est voisin de l’agence et qui a beaucoup voyagé et exposé à l’étranger et a une bonne connaissance du milieu du graphisme.
« — Michel, est-ce que tu penses que cela paraît réaliste d’ouvrir une galerie consacrée au graphisme à Paris ? »
Et Michel Bouvet de s’enthousiasmer.
« — Mais oui, bien évidemment, vous ne mesurez pas l’attente qu’il y a. Autant du milieu professionnel que du monde étudiant qui s’intéresse de plus en plus à cette discipline. »
L’atelier de la cour peut être transformé en galerie, reste à constituer une équipe, définir une ligne éditoriale, une programmation, avec un calendrier de 3 ou 4 expositions par an d’une durée de trois mois.
Marie-Anne Couvreu en sera la directrice artistique.
On y trouvera de la diversité, des graphistes français et étrangers. Il s’agira d’alterner si possible expositions monographiques et expositions thématiques. Des expositions balayant tout le champ du graphisme, affiches, livres, habillage télé, signalétique…
Au final, l’affiche dominera les expositions.
Une priorité à laquelle tient beaucoup Marie-Anne Couvreu, la galerie n’accueillera pas d’expositions déjà montées, chacune sera véritablement une création.
En regroupant dans un même lieu un ensemble d’affiches étalées dans le temps pour des commanditaires très différents, le spectateur va pouvoir élaborer une réflexion critique.
La contextualisation des œuvres présentées sera déterminante pour une bonne compréhension du public.
Dans la mesure du possible, l’affiche sera accompagnée du processus de création, des croquis, des variantes, des esquisses.
« — Il y avait une mise en espace des affiches que l’on n’avait pas l’habitude de voir. La galerie était utilisée au maximum pour valoriser le travail des graphistes. »
Éric Drichemont, responsable pédagogique de la Prépa de l’Epsaa.
L’aspect pédagogique constitue une priorité de la galerie, car pour faire émerger une vraie reconnaissance du graphisme en France, il faut faire venir le public pour lui en parler. Et un public jeune, notamment les écoles d’art.
La galerie demandera souvent aux exposants d’accompagner les visiteurs par des visites commentées.
« — En y repensant, j’ai eu une chance folle de pouvoir bénéficier des expositions de la galerie Anatome pendant mes études en école d’art (Duperré puis Estienne), et cela a largement contribué à forger ma culture du design typo/graphique. Catherine Zask, les designers tchèques… Et la petite librairie, sur la table en bas des escaliers, tous ces bouquins à disposition qui constituaient une ressource tout aussi précieuse. »
Alice Savoie, créatrice de caractères, enseignante et chercheuse en histoire de la typographie
« — Les expos de la galerie Anatome étaient bien faites, on y voyait les coulisses de la création, ce qui n’était pas courant à l’époque. C’était très didactiques et pour les étudiants, c’était très parlant. »
Parick Félices, co-fondateur des écoles de communication visuelle ECV et Intuit’Lab.
Restera l’aspect financier de l’aventure.
Car le lieu n’aura de galerie que le nom et fonctionnera plutôt comme un centre d’art de mécénat puisqu’il n’est pas envisagé, dans un premier temps, d’y exercer d’opérations commerciales.
Le ministère de la Culture et de la Communication, la Direction générale de la création artistique de la Région Ile-de-France, viendront accompagner la naissance de la galerie.
Les statuts de la galerie seront déposés sous la forme d’une association loi 1901 (sans but lucratif) nommée “Association pour la promotion de l’art graphique contemporain”.
Dernier objectif, contribué à former le regard des commanditaires et les conseiller dans leurs choix.
« — Je raconte souvent cette histoire pour dire que le design graphique est un exercice d’altérité.
Dans mon exposition à la galerie Anatome, plusieurs de mes commanditaires étaient venus le soir du vernissage. Je me rappelle d’un moment où j’étais devant une de mes affiches pour le théâtre Malakoff en disant à un collègue “Voilà ma dernière affiche, ma dernière création”. Et quelques instants après j’entendais derrière moi Pierre Ascaride, le directeur du Théâtre 71 Malakoff, dire à un ami “Voilà ma dernière affiche”… J’étais ému de cette coïncidence. »
Malte Martin, graphiste
En gros, ce sont tous les leviers pour faire reconnaître le graphisme en France qui sont actionnés.
Tout est en place et la galerie peut ouvrir…
À l’époque, la rue Sedaine, dans le 11e arrondissement, n’est pas une rue très fréquentée.
« — Est-ce que les gens viendront les soirs de vernissages ? Est-ce que les gens se déplaceront dans un quartier où il n’y a rien d’autre que des grossistes asiatiques ? » Autant de questions qui préoccupent Marie-Anne Couvreu.
Le graphiste suisse Pierre Neumann inaugure le lieu.
Le 29 septembre 1999, le public découvre plus de 50 affiches exposées dans les 300 m2 carré sur deux niveaux de la galerie.
Dès les premiers jours, Marie-Anne Couvreu mesure l’impact fort de l’ouverture de la galerie.
« — Nous avons été très surpris par le succès de l’espace.
500 personnes au premier vernissage, alors que nous n’avions pas encore de fichier, c’est le bouche-à-oreille qui a tout fait. 2 500 visiteurs pour la première exposition.
Le Monde, Libération, Nova Magazine, ont salué l’événement.
Notre public ? Beaucoup d’étudiants, des graphistes aussi, des curieux qui ne savent pas ce qu’est une affiche. Nous avons aussi eu la visite de nombreux politiques et de gens qui sont conduits à prendre des décisions. Les écoles de graphismes viennent prolonger l’enseignement de la discipline au sein de la galerie.
À l’occasion de chaque exposition, nous accueillons pas moins de 150 groupes d’étudiants. »
« — Marie-Anne Couvreu ne cherchait pas obligatoirement une ligne directrice, elle laissait beaucoup la place aux artistes exposés. Elle sentait immédiatement les choses dans ce qu’elles avaient de construit et structuré. Elle voyait les choses.
Elle ne les intellectualisait pas, elle les repérait et j’ai beaucoup appris auprès d’elle. J’ai appris à voir et à assembler. Elle composait l’exposition, car c’est un espace que l’on se réappropriait à chaque exposition.
Nawal Bakouri, directrice de la Galerie Anatome 2005/2011
La galerie va rapidement apporter un crédit culturel à l’agence qui avait un positionnement marqué politiquement à gauche. Bertrand Delanoé venait aux vernissages et l’agence travaillait régulièrement avec la mairie de Paris.
« — Au début, certain des graphistes engagés restaient à distance ou en observation et l’on se méfiait un peu d’une “Agence de Com” qui lance une galerie graphique, s’interrogeant sur son orientation et ses intentions.
Mais très vite, la glace fut brisée et les soirées de vernissage étaient chaque fois un bain d’effervescence graphique et humaine : des centaines de personnes allant des graphistes confirmés aux plus jeunes se mêlant aux commanditaires et amoureux du graphisme. »
Malte Martin, graphiste et plasticien
« — L’histoire d’Anatome est l’histoire d’une imposture réussie.
Elle marque l’irruption des agences de communication dans le petit monde du graphisme socio culturel sous couvert de mécénat – avec la galerie du même nom. L’agence Anatome allait découvrir le plaisir des allègements fiscaux et surtout concurrencer les ateliers de graphisme en faisant cadeau de la création aux mairies et syndicats et autres associations, en se sucrant sur les plans média. En divisant les ateliers par des prix et autres distinctions.
J’ai connu Henri Meynadier, il était sympathique et d’autant plus dangereux… À l’époque, Anatome était pour moi un mauvais présage !!! »
François Miehe, Grapus, Atelier François Miehe & Cie
Laure Alberhe, qui anime aujourd’hui les “Matins jazz” sur TSF Jazz, travaillait depuis quelques années au sein de l’agence Anatome de Montpellier comme chef de projet. Henry Meynadier la fera venir à Paris pour rejoindre l’équipe et prendre en charge la direction de la galerie.
En 2001, à l’occasion du montage de son exposition, Étienne Robial sera assisté par deux étudiants de l’Ésad d’Amiens, qui deviendront en quelques mois des permanents de la galerie, Stéphane Dupont et Maxime Barbier. Au point que Stéphane sera vice-président jusqu’à la fermeture de la galerie en 2012.
Étienne Robial, Maxime Bardier, Stephane Dupont, Michel Bouvet feront partie du Conseil d’Administration de l’association.
« — Je fréquentais la galerie alors que j’étais étudiante à l’ECV, à deux pas de là (entre 2005 et 2008). Je me souviens que nous étions plusieurs étudiants venant de différentes écoles parisiennes, à filer un coup de main pour les accrochages et la préparation des vernissages. C’était intéressant d’avoir accès aux collections, de découvrir comment se montait une expo, et avec un peu de chance nous avions l’occasion de croiser quelques “célébrités” des arts graphiques de l’époque (Malte Martin, Philippe Apeloig, Ich&Kar, Michael Batory…). »
Lilith E. Laborey, graphiste
« — Anne-Marie Couvreu et son mari sont venus me visiter dans ma maison atelier en pleine campagne au bout de la Bretagne pour me faire part de leur projet de galerie et d’être un de leurs premiers exposés. Cela s’est fait fin 2000 début 2001. C’était la deuxième exposition à Paris après celle du Musée de l’affiche rue de Paradis en 1987. J’étais honoré que mon travail provincial soit de nouveau mis en valeur.
Le monde des graphistes affichistes est un petit monde, ce sont toujours les mêmes personnes qui se croisent, à l’Agi, dans les biennales, dans les congrès.
La galerie Anatome fut un temps LE lieu à Paris. Je n’ai pas eu souvent l’occasion d’être aux vernissages vu l’éloignement, mais la personnalité des autres exposés m’honorait dans la mesure ou je partageais la même vision du graphisme.
C’était une initiative privée. Si elle n’a eu qu’un temps, c’est peut-être (surement) que les services culturels du ministère de la Culture avaient d’autres priorités ou plutôt d’autres objectifs pour valoriser le graphisme. Et pour éviter toute concurrence, ce manque de soutien financier de cet organisme public a entrainé la fin de l’aventure. Dommage. La multiplicité des lieux n’étant pas un handicap, bien au contraire, particulièrement pour Anatome du fait d’être à Paris.
Alain Le Quernec, graphiste
Puis rapidement, la galerie va développer d’autres activités complémentaires.
— Un espace librairie spécialisée, en collaboration avec la librairie la Hune, à Saint-Germain-des-Prés.
— La constitution d’un noyau de fond documentaire.
— Un site web couvrant l’actualité graphique internationale.
— Enfin, une programmation de rencontres, conférences et débats. La galerie est un lieu d’exposition, mais est aussi un lieu d’échange de point de vue… un lieu de vie où l’on aime prendre la parole.
Ce seront des conférences/débats organisée avec le Syndicat national des graphistes (SNG), avec les Rencontres Internationales de Lure.
« — On essayait, avec peu de moyens, de faire un véritable centre d’art. »
Nawal Bakouri, directrice de la Galerie Anatome 2005/2011
« — L’un de mes souvenirs les plus marquants à la galerie Anatome, c’est une conférence qu’Adeline Goyet avait donnée pour présenter son projet de diplôme de DSAA, sur Bobby Lapointe. Adeline était une jeune diplômée, elle était visiblement stressée, mais sa présentation était splendide et très inspirante, et m’avait d’autant plus encouragée à poursuivre cette même voie du DSAA. »
Alice Savoie, créatrice de caractères, enseignante et chercheuse en histoire de la typographie.
« — Grapus et Anatome ne faisaient pas l’amour ensemble,
Anatome ne venait pas chez Grapus,
Pierre (Bernard) se risquait quelques fois rue Sedaine,
Grapus était trop, trop, en tous domaines,
des sales types, quoi !!! »
Jean-Paul Bacholet, Grapus
En quelques années, la galerie devient un lieu de rendez-vous incontournable pour les graphistes du monde entier de passage à Paris. L’esprit “Maison bleue” de San Francisco à Paris, comme le chantait Maxime Leforestier en 1974
D’autant qu’un studio attenant à la galerie accueillait le temps du montage et de l’exposition, les graphistes qui pouvaient ainsi rester disponibles pour commenter l’exposition auprès du public.
« — C’était un endroit merveilleux, c’était comme une lumière. C’était enfin un lieu qui célébrait notre pratique. Pour nous qui nous nous réunissions depuis des années pour donner plus de visibilité au graphisme, c’était inespéré. Je me suis immédiatement enthousiasmée pour ce lieu. C’était la fête. J’ai TOUT adoré d’Anatome… !!! »
Catherine zask, graphiste, artiste, …
« — Tu sais Michel, quand je voyage et que je dois passer par Paris, je m’arrange toujours pour trouver le temps d’aller à la Galerie Anatome avant de prendre la correspondance de mon avion.”
David Tartakover, graphiste (propos rapportés par Michel Bouvet)
« — Je n’ai pas eu beaucoup de contacts avec Anatome vu mon domicile toulousain
aucune invitation à exposer (peut-être dans une expo collective ?).
Ils présentaient mes quelques livres édités…
Pour moi c’était surtout le point de chute incontournable lors de mes passages à Paris
pour voir, parler et échanger autour du métier, essentiel pour un jeune graphiste de région
moment pratiquement inexistant à Toulouse à cette période… »
Ronald Curchod, graphiste, peintre
Au quotidien, le fonctionnement du lieu a un côté communauté d’amitié avec un groupe d’amis qui réfléchissent, s’investissent, se retrouvent autour d’une table pour parler graphisme, programmation, organisation.
Au cœur de Paris, une “famille informelle” s’est créé pour les graphistes, les professionnels du métier de la communication, les étudiants d’écoles d’art, les commanditaires, les amateurs d’arts graphiques, mais aussi les curieux. À l’image de la ruche voisine de l’agence.
« — À l’occasion de mon exposition, j’avais convié les responsables de Canal + à venir au vernissage et ainsi découvrir ce que pouvait recouvrir tout le domaine du graphisme. Et j’ai bien été obligé de constater leur absence.
En réaction, et parce qu’il pensait qu’il fallait donner plus de visibilité au graphisme, Pierre Lescure organisa, au sein de la galerie Anatome, un Conseil d’administration de Canal +. Au milieu de l’exposition !!! »
Étienne Robial, directeur artistique général de Canal +
Les expositions vont se succéder, rencontrant toujours un réel succès.
Certains soirs de vernissage, on refusera du monde. Stéphane Dupont, munie d’un compte personne, veillera à ne pas dépasser la norme de sécurité, inquiet de l’état du plancher de la mezzanine.
C’est aussi les vernissages mémorables, qui se terminent tard dans la nuit.
Les voisins qui se plaignent et la difficulté pour se garer qui génère des PV…
Et ce succès renforce la mission que s’était fixée Marie-Anne Couvreu… Exposer, faire découvrir, prescrire et conseiller.
« — Oui, Anatome a été un endroit important pour nous tous amoureux du graphisme. Je pense ne pas avoir raté une seule expo. C’était une famille… »
Romain Lacroix, Service de la parole, Département culture et création Centre Pompidou
Pourtant, en 2002, le constat est sans appel, la galerie est victime de son succès et se retrouve confrontée à de graves problèmes économiques.
Les dépenses de fonctionnement sont toujours plus importantes sans qu’il y ait de nouvelles rentrées d’argent.
Car contrairement aux galeries d’art contemporain, la galerie Anatome n’est pas un lieu marchand, le graphisme ne s’y vend pas, mais s’y expose sous toutes ses formes.
En quelques semaines, c’est toute la profession qui se mobile pour organiser à la veille de Noël, une vente aux enchères et ainsi soutenir la galerie. 800 œuvres arrivent du monde entier dont plus de 150 affiches et documents originaux qui seront présentés aux amateurs d’arts graphiques.
Cette opération donnera naissance à “l’Association Galerie Anatome” qui comptera plus de 1 000 adhérents.
Par la suite, la galerie proposera à la vente des œuvres graphiques.
« — La galerie Anatome — ne serait-ce que par son nom — entretenait fantasmes et fabriquait des leurres. Elle n’était même pas marchande : le graphisme n’avait pas et n’a pas de marché, à part quelques rares vendeurs d’affiches, et malgré leurs efforts, ils n’ont jamais réussi à en créer un. Pas plus qu’elle n’était une galerie d’art, d’ailleurs. Car le graphisme, et c’est ce qui en fait la richesse et la qualité, reste un art appliqué, et non un art “plastique” — à l’exception de quelques cas où ce sont les artistes eux-mêmes qui s’en emparent.
C’est là, je pense, la limite de la galerie Anatome : n’avoir pas su chercher le graphisme ailleurs que chez les graphistes. Même si cela n’intéresse presque personne.
Pourtant, c’était l’endroit idéal pour organiser des expositions et produire une documentation si rare sur le travail graphique — justement — et par exemple celui d’un artiste comme Marcel Broodthaers.
C’était une époque où les frontières étaient clairement délimitées, et où les graphistes n’aimaient guère s’aventurer hors de leur pré carré… Cela change et tant mieux.
Le constat reste cependant amer, car il n’y a pas eu de relève ou si peu en dehors de PROGRAM/ME dirigé par M/M (Paris) et Syndicat. Gloire à eux ! »
Nicolas / ABM Studio
En 2005, après le départ de Laure Alberhe, Nawal Bakouri qui vient de terminer ses études (histoire de l’art, esthétique et management culturel) intègrera la galerie comme directrice.
L’exposition H5 qui marque une étape importante est un succès.
C’est l’époque où sont redéfinis les fonctionnements de la galerie sous forme de cogestion du lieu.
« — J’ai beaucoup appris sur le design graphique auprès de plein de gens qui sont venus de partout. Des amitiés fortes, encore présentes, se sont construites durant ces quelques années.
Quand j’arrive à la galerie, le projet demeure très familial. Nous chercherons à ce qu’il devienne plus professionnel. Dans le sens où nous allons chercher des financements pour salarier deux personnes, ce qui aura des retombées pratiques sur la programmation, le montage et l’organisation des expositions.
Nawal Bakouri, directrice de la Galerie Anatome 2005/2011
L’ouvrage “Exposer/s’Exposer” avec un texte de Michel Wlassikoff, en 2006 viendra consacrer les six premières années d’une programmation riche et encourageante.
Avec un constat sans appel, la Galerie Anatome est devenue le lieu de référence de toute la profession.
Pourtant, la même année, dans le quotidien Libération, Marie-Anne Couvreu ne cache pas son inquiétude quant à l’avenir de la galerie.
« — La subvention du ministère de la Culture vient de nous être supprimée !!! »
Les expositions se succèdent avec toujours autant de succès et de diversité.
C’est le graphiste coréen Ahn Sang-Soo mais aussi l’héritage de mai 68, en affiches, Peter Knapp ou le Concours des plus beaux livres français. Malte Martin et Futura typo. C’est l’exposition 80+80, organisée en collaboration avec la galerie Vu, qui va initier une dynamique de rencontres et de créations comparatives avec la photographie.
« — J’ai adoré monter l’exposition Peter Knapp.
Se poser la question de la complexité de la direction artistique alors que nous avions l’habitude d’exposer du graphisme, des affiches.
L’occasion d’aller retrouver les archives des Galeries Lafayettes sur place, avec Peter et Jean Widmer.
L’occasion de présenter des chemins de fer de magazines, de la vidéo qui n’étaient que très peu montrés dans les expos de graphisme.
Nawal Bakoui, directrice de la galerie 2005/2011
Avec l’exposition, “Version originale, Sofia-Strasbourg-Paris”, en septembre/octobre 2008, la galerie éditera un petit Journal (16 pages A6) accompagnant chaque exposition.
Les 10 ans de la galerie (1999/2009) donneront lieu à un événement d’ampleur réunissant les graphistes ayant exposé. Tous seront là (ou presque) !
Pierre Neumann, Uwe Loesch, Etienne Robial, Philippe Apeloig, Alain Le Quernec, Peret, Raul, Flavio Morais, Marc Taeger, Isidro Ferrer, Petr Babak, Tomas Machek, Ales Najbrt, Ralph Schraivogel, Ruedi Baur, Seymour Chwast, Michel Bouvet, Catherine Zask, Michal Batory, Chaïka, Andrey Logvin, Youri Surkov, H5, Werner Jeker, Cyan, Wim Crouwel, Ahn Sang Soo, Ich&Kar, Reza Abedini, Peter Knapp, Jonathan Barnbrook.
À l’initiative de Nawal Bakouri et d’Étienne Robial, un grand journal 30×40 “Manifeste” est édité pour cet anniversaire.
Le titre du texte de présentation de Michel Wlassikoff résonne comme un constat d’évidence, “Le lieu du graphisme en France”. Quant au texte signé Marie-Anne Couvreu et Henri Meynadier, son titre est sans doute prémonitoire… Alerte.
Ce fascicule de 72 pages sera largement diffusé dans toutes les écoles de design, les centres d’art et les librairies en France et à l’étranger.
C’est aussi, pour la première fois, l’occasion de réunir les lieux du graphisme en France, Échirolles, Chaumont et la Galerie Anatome autour d’une table pour parler du graphisme.
Avec une question sous-jacente que tout le monde a en tête… “Quand donc la France reconnaîtra-t-elle le design graphique à son juste mérite ?”
Puis ce sera au tour de Guillaume Frauly, l’ancien rédacteur en chef de la revue Étapes de prendre la direction de la galerie pour quelque temps.
Pourtant, le ciel au-dessus de la rue Sedaine est déjà en train de s’assombrir.
2012, Libération titre : “La Galerie Anatome est menacée”
Depuis la rumeur d’une possible fermeture, les graphistes se mobilisent une nouvelle fois.
Entre-temps, Henry Meynadier à vendu l’agence et le nouveau propriétaire, Eric Zajdermann de l’agence Taxi Jaune, semble moins enthousiaste à faire vivre le lieu.
Engagement des graphistes, mais aussi des enseignants, des directeurs d’écoles, des étudiants autour d’une pétition “Pour que vive la Galerie Anatome !”
Extrait de la pétition : « Ce serait un très mauvais coup porté au graphisme, dans la pluralité de ses expressions. La situation actuelle nécessite non seulement de se battre pour que la Galerie puisse rester là où elle est, mais aussi qu’elle se détache de l’agence Anatome qui la soutenait jusqu’à présent. Indépendante, elle aura besoin de manière urgente de l’appui des institutions publiques chargées de soutenir la culture. »
En quelques semaines, quelques mois, ce sont plus de 2 000 personnes qui signeront la pétition.
Les signataires interpelleront le ministère français de la Culture, les pouvoirs publics et les collectivités territoriales concernées « afin que soient enfin accordés les moyens nécessaires à la galerie Anatome pour qu’elle puisse poursuivre et développer son action. »
Mais plus de dix ans après sa naissance, tout le monde sentait que le graphisme avait opéré une évolution.
En 2005, le collectif H5, qui n’était pas encore une agence, mais un studio, exposait à la galerie Anatome. Une exposition d’ouverture qui avait suscité des débats … C’est le moment où H5 pour financer son ambitieux projet de film d’animation, Logorama primé aux Oscars, se transformera en agence de communication.
Peut-être annonciateur du tournant opéré par de nombreux studios de création ?
« — Un de mes souvenirs marquants de la galerie Anatome est l’exposition de H5 en 2005, qui clôturait, d’une certaine manière, une époque “graphique” : celle de la French Touch et une forme de suprématie de H5. L’exposition remettait les pendules à l’heure quant à leur créativité du moment et leur impact sur la scène électronique de l’époque. Lors de l’exposition, toutes les pochettes étaient quasi là et cela faisait l’effet d’une bombe, les fameux clips et d’autres travaux. Les nombreux visiteurs faisaient craquer le parquet, et l’ambiance était festive, généreuse, presque électrique — une rupture bienvenue avec les expositions habituelles, trop souvent guindées et atones, celles d’un petit monde de graphistes silencieux et de leurs rares héros. Cela faisait du bien d’y entendre des basses et des ultra-basses, car le petit royaume d’Anatomie se prenait très au sérieux, alors qu’il y avait finalement peu de raisons de l’être… »
Nicolas / ABM Studio
Les années “galerie Anatome,” correspondent aussi, dans le domaine du graphisme, à un basculement de génération et à l’entrée dans l’ère du numérique.
À partir des années 2010-2015, les réseaux sociaux vont prendre une place incontournable dans la communication qui passe aujourd’hui par l’écran des smartphones… et beaucoup moins par les affiches.
Le temps de la distinction graphisme d’auteur / agence de communication va tendre à s’estomper.
Dans “Manifeste”, l’ouvrage publié pour les 10 ans de la galerie en 2009, le graphiste Philippe Apeloig reviendra sur l’état du graphisme en France et le rôle qu’il peut jouer.
« — Je suis partagé. J’ai envie de dire que le graphisme va bien quand je le compare au moment où j’ai commencé ma carrière. Il existe désormais, pour le grand public et pour les étudiants, une meilleure connaissance du sujet. En l’espace d’une vingtaine d’années, il y a eu un bond extraordinaire. Difficile de dire que c’était mieux avant. Avant, il n’y avait presque rien.
Pourtant, la situation économique, la domination de la publicité et la surenchère du marketing rendent la pratique du graphisme compliquée. Les conditions sont déplorables : relations difficiles avec les clients (principalement des institutions culturelles sans réel budget de communication) qui trop souvent ne comprennent pas comment travailler de commun accord avec un graphiste, appels d’offres incessants (sans jury compétent), accumulation des validations qui entraîne la détérioration d’un projet, atermoiement illimité quant à la présence des logos des sponsors sur le moindre support imprimé (véritable pollution visuelle que les graphistes sont obligés d’orchestrer), etc.
Commence alors une sorte de marche au calvaire. Dans ce contexte désespérant, comment peut-on faire fonctionner un atelier au quotidien, maintenir un travail de qualité, sans devenir un bourreau de travail ? »
Philippe Apeloig, graphiste
La dernière exposition sera consacrée au travail du graphiste Pierre di Sciullo et le cycle se refermera.
« — Durant ces “années Anatome”, on a appris à exposer le graphisme en France, ce qui n’avait rien d’évident. À exposer et à penser le graphisme. À professionnaliser l’exposition. Nous sommes passés du poster à l’affiche de collection… »
Nawal Bakouri,
Puis les informations à propos de la galerie se feront plus rares.
Celle-ci fermera définitivement en 2012 sans que les médias s’en fassent l’écho.
« — J’ai véritablement fermé la galerie, physiquement, j’ai donné le dernier tour de clef… Avec le recul, tout cela a été assez violent !!! J’ai mis de côté 10m3 de documents et d’archives que j’ai entreposé chez un ami. »
Stéphane Dupont, graphiste
Depuis, aucun lieu consacré uniquement au graphisme n’a ouvert à Paris.
Une dernière anecdote qui parle de la visibilité de la Galerie.
« — C’est début des années 2010, je suis invité au Venezuela, à l’université de Los Andes à l’occasion de “Signo 2011”, des rencontres/conférences autour du graphisme, sociologie, philosophie.
On est à 4 000 m d’altitude, sur la Cordillère des andes, et c’est la fin d’une journée qui a été riche en discussions et présentations. On boit un café et on me pose la question : “Comment va la galerie Anatome ?” On est à 10 ou 12 000 kilomètres de Paris et des graphistes latino-américains prennent des nouvelles de la galerie parisienne. C’était ça le rayonnement de la galerie Anatome.
Une galerie unique au monde. »
Michel Bouvet, graphiste affichiste
Calendrier (à compléter !) des expositions de la Galerie Anatome de 1999 à 2012
— Pierre Neumann, septembre 1999/janvier 2000
— Uwe Lösch, janvier/avril 2000
— Hong-Kong>Canton, juin/juillet 2000
— Carteles de Mexico, septembre/décembre 2000
— Etienne Robial – décembre 2000/février 2001
— Warszawa, mars/avril 2001
— Philippe Apeloig – mai/juillet 2001
— Paris vu par… 127 graphistes AGI – septembre/décembre 2001
— Alain Le Quernec, décembre 2001/février 2002
— Vivamus, mars/mais 2002
— Achtung Graphisme, Mai/juillet 2002
— Tchèque In, septembre/décembre 2002
— Vive le graphisme, vente aux enchères, décembre 2002
— Ralph Schraivogel, janvier/mars 2003
— Ruedi Baur, avril/juillet 2003
— East Coast/West Coast, octobre/novembre 2003
— Michel Bouvet – janvier/avril 2004
— Catherine Zask, avril/juillet 2004
— Michal Batory, octobre/décembre 2004
— Tri Bogateiria, septembre/décembre 2004 ?
— H5, mai/juillet 2005
— Werner Jeker, janvier 2006
— Cyan (collectif berlinois), mai 2006
— Wim Crouwel, avril 2007
— Ahn Sang-Soo, juin 2007
— Ich & Kar “Curiosités”, octobre 2007
— Mai 68, l’affiche en héritage, mai/juillet 2008
— Version originale, Sofia-Strasbourg-Paris, septembre/octobre 2008
— Peter Knapp, l’oeil moderne à la galerie Anatome, novembre 2008/janvier 2009
— Concours des plus beaux livres français, 2008 Mars 2009
— 10 ans de la galerie Anatome, septembre 2009
— Malte Martin octobre/décembre 2009
— Tonik, janvier/mars 2010
— Paprika-Seripop – Un regard graphique sur Montréal, mai/juillet 2010
— Flavia Cocchi, septembre/décembre 2010
— “Le Club du meilleur livre”, janvier/février 2011
— Jan Bons – Libertés de mouvements, mars/avril 2011
— Futura typo, mai/juillet 2011
— Trafik WAT ?, octobre/décembre 2011
— Pierre di Sciullo – En esthète de gondole, janvier/mars 2012
“Exposer/S’exposer”, texte de Michel Wlassikoff, éditions Panama, Paris 2006
Interview de Marie-Anne Couvreu, Galerie Anatome
Expositions Galerie Anatome
Rédaction : François Chevret