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La licorne, du mythe fantastique à l’émoji 🦄

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Icône pop LGBTQIA+ aux crottes et à la crinière arc-en-ciel, l’iconique licorne a traversé les siècles et les cultures en changeant d’aspect et de symbolique. Autrefois chimère au corps de cerf ou à la crinière de lion, la bête sauvage devient une allégorie du Christ au Moyen-Âge puis un symbole héraldique, mais également source de remèdes miraculeux. Aujourd’hui on la retrouve sur des accessoires girly à paillettes : comment la licorne a-t-elle fait un bond si gigantesque, du mythe à l’émoji ?

Les diverses formes de la licorne

Le musée de Cluny, qui consacre à la licorne une très belle exposition jusqu’au 12 juillet 2026, nous invite à sillonner sur les traces de la licorne en Égypte, au Tibet, au mont Sinaï, en Afrique, en Sibérie, dans les forêts européennes, en Amérique et en Chine. Où qu’il pose ses sabots, l’animal est doté de pouvoirs fabuleux.

C’est en Inde, dans la civilisation de l’Indus vers -2600, que l’on trouve les représentations des premières licornes. Ce sont peut-être l’un des avatars de Vishnu, issu du récit d’Ekashringa (du Sanskrit : eka (एक) = un, unique + shringa (शृङ्ग) = corne) ?

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Sceaux de l'Indus, qui représenteraient une licorne

Ou alors était-ce un descendant de l’Elasmotherium sibiricum, un rhinocéros géant à une corne qui côtoyait les humains en Sibérie jusqu’à -39 000 ans environ ?

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La piste de la simple vache est bel et bien à écarter, puisque d’autres sceaux les représentent de profil, mais bien avec deux cornes. Le doute plane donc toujours…

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Il y a 4600 ans, on trouve d’autres types de licornes, en Chine. Appelée Qilin, la chimère possède un corps de cerf, une queue de bœuf, des sabots de cheval, parfois des écailles de poisson et une tête de dragon, mais pouvait porter deux voire trois cornes et des moustaches. C’est une “bête bienveillante”, la plus noble qui soit, qui n’abîme rien sur son passage, pas même l’herbe, et peut vivre mille ans. Classe.

Qilin

Plus tard en Grèce en -400 environ, le médecin Ctésias décrit le monoceros indien, un âne sauvage blanc à crinière de lion et peau de rhinocéros, à la tête pourpre et aux yeux bleus. Sa corne unique est tricolore : blanche à la base, noire au milieu et rouge à la pointe. C’est ensuite ce pauvre narval dont la corne sera utilisée et détournée et appropriée à la licorne, avant que l’on s’aperçoive de la supercherie au XVIe siècle.

Pour y voir plus clair, et parce qu’on aimait bien tout trier au XIVe siècle (pour mieux comprendre le monde), Le livre des propriétés des choses distingue trois sortes de licornes :

“L’une a un corps de cheval et une tête de cerf, des pieds d’éléphant, la queue du sanglier et une corne au front d’envi­ron deux coudées de long. On ne peut la prendre vivante. On l’appelle monoceron. La deuxième est appelée egliceron, ce qui signifie chèvre cornue. C’est un petit animal semblable à un chevreuil, avec sur le front une corne très pointue. La dernière espèce est semblable à un bœuf. Elle est tachetée de blanc, a les sabots durs comme ceux du cheval et elle a une corne sur le front. Pline dit qu’il existe en Inde des ânes qui ont une corne sur le front, mais ils ne sont pas si forts ni si fiers que les licornes, comme disent Aristote et Avicenne.”

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Bestiaire moyenâgeux aux licornes

La première, que l’on ne peut prendre vivante, fait probablement partie de ces espèces que l’on voit après avoir mangé des champignons magiques. La deuxième se rapproche de celles à barbichette que l’on verra fleurir au Moyen-Âge. La troisième semble descendre de cette espèce disparue que l’on voyait en Sibérie, et qui est mentionnée dans la Bible, et pourrait bien avoir existé.

Comment une traduction de la Bible a-t-elle transformé un bœuf en licorne ?

Le terme licorne, du latin unicornis, est issu du grec monokeros, (littéralement, monocorne) lui-même traduit de l’hébreux re’em, mentionné 8 fois dans la Bible. C’est en partie ce qui donne une preuve irréfutable de son existence, jusqu’à la Renaissance. Le terme re’em est un nom propre qui descendrait de l’akkadien rimu et décrit en réalité plutôt un auroch, un imposant bœuf noir de plusieurs mètres qui disparaît en Pologne en 1627, au moment où la licorne devient un animal mythique. Coïncidence ?

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L’auroch a pourtant deux cornes, et n’a rien à voir avec la licorne fluette et blanche que l’on imagine aujourd’hui. Cependant la symbolique de son nom (et une traduction libre dans la Bible), donnent lieu, comme souvent, à des fabulation qui contribuent à diffuser le mythe… Le terme re’em renferme les attributs mystiques de la licorne, puisqu’en hébreux רְאֵם est composé des lettres Resh ר Aleph א et Mem מ, qui peuvent signifier ensemble : « la puissance première (ר) qui porte le souffle divin (א) dans la matière (מ) ».

Dans la Bible, la créature re’em n’est donc rien d’autre que l’allégorie de la puissance de Dieu. La licorne est alors forcément divine.

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Bible du XVIe siècle, crosse d'évèque du XIIIe et vitrail de 15001

Petite parenthèse, la lettre Aleph (א) vient du proto-sémitique ʾalp = bœuf. La lettre représentait à l’origine une tête de taureau, cornes en haut. Dans l’alphabet phénicien (ancêtre direct de l’hébreu carré), la forme est reconnaissable : deux traits obliques avec une barre transversale, une tête animale schématisée. Les Grecs l’ont retournée et nommée alpha. Les Latins en ont fait A. Le A majuscule retourné pointe encore vers les deux cornes du taureau originel.

À quoi aurait ressemblé notre A si l’auroch n’avait eu qu’une seule corne ?

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Les licornes du Physiologus au Moyen-Âge

Au IIe siècle après J-C, le bestiaire du Physiologus (qui deviendra un best-seller du Moyen-Âge, traduit en latin dès le IVe siècle, puis en éthiopien, arménien, syriaque, arabe, en vieux slave, en anglais médiéval, en allemand, en français, en provençal, en islandais…) décrit la scène de chasse à la licorne :

« Il existe une bête qui est appelée en grec monocheros, c’est-à-dire en latin unicorne. Physiologue dit que la nature de la licorne est telle qu’elle est de petite taille et qu’elle ressemble à un chevreau. Elle possède une corne au milieu de la tête, et elle est si féroce qu’aucun homme ne peut s’emparer d’elle, si ce n’est de la manière que je vais vous dire : les chasseurs conduisent une jeune fille vierge à l’endroit où demeure la licorne, et ils la laissent assise sur un siège, seule dans le bois. Aussitôt que la licorne voit la jeune fille, elle vient s’endormir sur ses genoux. C’est de cette manière que les chasseurs peuvent s’emparer d’elle et la conduire dans les palais des rois.”

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Enluminures de chasse à la licorne avec une pucelle, au XIIIe siècle

La pauvre bête tranquillement endormie se fait ainsi transpercer d’une lance par les chasseurs futés.

On peut faire un parallèle intéressant avec le récit d’Ekashringa dont on parlait plus haut ; dans le récit indien, un enfant humain sauvage et saint, né d’une nymphe et élevé en forêt, avec une corne de cerf sur le front, est attiré hors de la forêt par une courtisane envoyée par un roi, qui le séduit alors qu’il ne connaît rien à la chair, et il est ensuite logé dans un palais.
Dans le Physiologus, écrit par des moines, l’animal farouche et indomptable appelé licorne est attiré dans la forêt par une vierge, s’endort sur ses genoux, puis est ainsi capturé et amené dans le palais.

La courtisane du récit d’origine s’est donc transformée en vierge, pour servir la chaste morale des textes Bibliques.

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La Licorne, le Christ et la Vierge Marie

Toujours solitaire, farouche, sauvage… personne ne peut la saisir. Personne, sauf une vierge à l’âme pure. Et qui dit vierge suprême, dit ? Marie, bien sûr ! L’image de la vierge et de la licorne glissera donc vers une allégorie du Christ, transformant la chasse à la licorne en scène de l’AnnonciationSic est dominus noster Iesus Christus spiritalis unicornis” : “ainsi est Notre Seigneur Jésus Christ, la licorne spirituelle” dit le Physiologus.

La licorne est chassée comme le Christ lors de la Passion, le flanc transpercé par les lances. L’Ange Gabriel devient chasseur, avec ses chiens et sa trompette, et la licorne, le Verbe, qui se réfugie dans le bas ventre de Marie. La corne phallique devient sacrée, et sa pénétration spirituelle.

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Tableaux, tapisserie et fresque de Vierge à la licorne ou Annonciation, vers 1500

Il existe une fresque qui représente même l’enfant Jésus chevauchant une licorne. Le fils du Dieu chrétien a trouvé une monture de qualité.

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Les Dames à la licorne, icônes de chasteté

Dès le XVe siècle, on représentera souvent, par association, la licorne auprès de “dames”, pucelles ou jeunes filles à la vertu éminemment pure (puisque non souillées par le péché de chair, sacrebleu) qui viennent caresser la bête sans arrière pensées aucunes. C’est le cas de la fameuse tapisserie de la “Dame à la Licorne” exposée au musée de Cluny. Symboliquement, la licorne incarne ici la force brute, phallique et sauvage domptée par la pureté et la chasteté, et donc le triomphe de la morale pieuse sur le vice sexuel. Leur regard innocent et rêveur vient interroger les spectateurs.

Un moyen efficace d’éduquer les damoiselles de l’époque.

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La dame à la licorne (et au lion), détails des différentes scènes, tapisserie tissée vers 1500, musée de Cluny

Les pouvoirs magiques et vertus médicinales de la licorne

Pendant longtemps, l’animal n’est pas une chimère, puisque sa corne et sa peau offrent des remèdes bien réels (mais sont-ils efficaces ?) contre diverses maladies. À la Basilique Saint-Denis on donnait à boire aux infirmes de l’eau dans laquelle avait trempé une corne. On pense en effet au XVIe siècle que la créature purifie l’eau, et elle est souvent représentée tête baissée, la corne dans un cours d’eau, ou proche d’un serpent afin d’en éliminer le venin. Symboliquement, la licorne est l’animal qui détruit le mal, à l’image du Christ, puisqu’elle anéantit le serpent. L’animal, toujours solitaire, est aussi présent dans l’arche de Noé (elle n’a donc pas pu se reproduire, c’est peut-être pour ça qu’on n’en voit plus).

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Jérôme Bosch, Le jardin des délices, 1500
Hans Bocksberger lancien, Le Paradis Terrestre, XVIe — Musée Calvet, Avignon

La guérisseuse Hildegarde de Bingen propose des remèdes à base de foie de licorne contre la lèpre. La corne permettrait aussi de guérir les gencives, les maux de ventre, et de blanchir les dents. En poudre (en réalité issu de corne de narval broyée), on l’utilisait contre la peste, rougeole et rubéole, et, outre le fait d’être un antidote universel, elle possédait des propriétés aphrodisiaques. Quand aux chaussures en peau de licorne, elles éloignaient les maladies des pieds. Pratique. Il existait aussi des incantations “reem” pour faire apparaître des licornes (cf visuel ci-dessous). On a essayé, sans succès.

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La corne de narval-licorne, dite “alicorne” est vendue jusqu’à vingt fois son poids en or à la Renaissance. En posséder une était un signe de prestige et on l’accrochait bien volontiers dans son salon pour frimer (on s’en faisait des sceptres, aussi), ou on s’en offrait en toute diplomatie, comme François Ie qui en fit cadeau à Charles Quint. C’était également là un butin de choix pour les voleurs.

Pour tester sa véracité, on la trempe dans l’eau et doit faire des bulles ou repousser les animaux disgracieux et vénimeux. Au XVIe siècle, le médecin Ambroise Paré conteste son efficacité, car elle n’a pas d’effet sur les crapauds ou les araignées. La corne de licorne est alors officiellement retirée de la pharmacopée française en 1746, bien que son usage ait persisté dans certains endroits jusqu’au XIXe siècle !

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L’illustration ci-dessous distingue la licorne officinale (la corne de narval-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom), de la licorne fictive, puis la licorne marine (le narval, là c’est OK), et la licorne fossile (qui n’a pas de pattes arrières, probablement parce qu’on en a jamais vraiment vu en vrai, mais en dessiner le squelette crée une preuve infaillible).

Michael Bernhard Valentini-Museum, Museorum, De la vraie licorne et de la licorne enterrée, 1704

La licorne héraldique

Au XVIIe siècle, tout le monde veut une licorne à son blason (Wikimedia commons a fait une petite compilation à retrouver ici). C’est officiellement l’animal le plus banquable car le plus noble et vertueux, qui éloigne les ennemis en prime. Partout en Europe on voit des armoiries héraldiques à licornes, des épées licornes, des carreaux de faïence licorne et des grilles en fer forgé licorne. Avec l’avènement de l’imprimerie, c’est l’animal le plus représenté dans les filigranes et également le favori des imprimeurs, pour symboliser la pureté du papier.

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L’icône licorne

Avec la découverte de la supercherie de la corne de narval, la licorne bascule dans l’univers du fantastique, des contes et des allégories symboliques. Elle perd son caractère farouche et christique pour devenir merveilleuse, unique et magique, puis bascule dans le kawaii, le “mignon” à la japonaise. La fantasy en fait une créature iconique, qui continue de faire rêver encore aujourd’hui, et ce depuis l’époque New Age.

AVERTISSEMENT : si vous êtes arrivé.es jusqu’ici, il se peut que les visuels de plus en plus douteux commencent à vous faire mal aux yeux. Graphéine décline toute responsabilité en cas de crise épileptique.

living unicorn

Les licornes ont existé !

Dans les années 70s, un couple aux pratiques ésotériques découvre une technique pour faire pousser une corne à un endroit précis, et décide de créer une ferme de licornes. Le couple signe avec un cirque pendant 4 ans et propose un show avec deux licornes “véritables”, qui fait un carton. Le conte de fées s’achève lorsque leur voisin, qui a photographié leurs licornes, se trouve être un serial killer ayant enterré une vingtaine de personnes dans son jardin… Dans la presse, sa photo le montre en train de câliner une licorne. Adieu la magie, adieu les licornes.

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living unicorn Ringling Bros. and Barnum & Bailey Circus
unicorn man killer

La licorne, un antidote à la morosité

Dans les années 80s, les enfants découvrent le manga Unico au cinéma, “la licorne capable de rendre tout le monde heureux”. Dix ans plus tard, la mode des petits poneys et des arcs-en-ciel propulse la licorne, comme jouet pour petites filles. On la “féminise” avec du rose, une longue crinière, et beaucoup, beaucoup de paillettes. Elle trône toujours sur les devantures des magasins (de glace).

La licorne n’est plus associée à la guérison physique, mais propose désormais un antidote à la morosité ambiante. 

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Enseignes de licorne au XVIIIe et XIXe siècle

La licorne de la fierté arc-en-ciel

Et qui dit arcs-en-ciel dit communauté LGBTQIA+, qui adopte le drapeau irisé en 1978 pour la Gay Parade de San Francisco. La licorne incarne désormais les revendications, la diversité et la fierté de cette communauté. Les licornes sont vues comme des créatures qui portent en elles l’androgynie et l’affirmation de soi, puisqu’elles mêlent des attributs dits “masculins” (la force, la corne phallique) et dits “féminins” (la longue crinière, la grâce) dans une certaine fluidité de genres. La licorne est désormais un symbole fort de résistance face à la norme sociale, invitant à la liberté et la fierté d’être soi, d’être unique, spécial.e, et de briller. De mettre des paillettes dans sa vie, en somme.

Côté mode, l’icône a évidemment été reprise par la société capitaliste qui en fait un accessoire idéal pour les festivals et soirées déguisées, mais aussi sur les podiums. Danny Reinke vient de créer un manteau licorne pour sa collection printemps/été 2026, qui fait penser au manteau de peau d’âne, en plus brillant. D’autres l’utilisent pour vendre des rehausseurs de toilettes, ou du Gin en tant que “larmes de licornes”. À vrai dire, tout ce qui touche de près ou de loin à l’univers des licornes semble très successful. On l’utilise pour définir les startups à succès.

Jean Cocteau en avait fait un costume en 1959 pour la danseuse Liane Dayde.

Peut-être est-là la clef de l’incantation moderne du succès ? La magie du marketing-licorne tient dans une bonne histoire qui fait rêver, à laquelle une large communauté peut se raccrocher, puisqu’il suffit d’y croire pour être heureux ! Si vous voulez réussir votre business, donc, songez à la stratégie licorne.

Être une licorne, c’est être exceptionnel, s’affirmer, exploser les barrières, et ne pas se prendre au sérieux. C’est, en somme, croire à la magie et à la réalisation de ses rêves, même les plus chers.

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Visuel tiré du clip de Natoo, la chanson des licornes

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