Construire une identité verbale : notre méthode
1. Comprendre l’identité et les valeurs de la marque
Avant de poser la moindre règle, il faut savoir qui l’on est. Quels sont les principes fondateurs de la marque ? Quel récit porte-t-elle, parfois sans en avoir pleinement conscience ? Cette étape est cruciale, car elle garantit une voix fidèle à l’ADN de l’entreprise. Une analyse approfondie du positionnement, des valeurs, de la promesse, fait émerger les mots-clés qui composeront, plus tard, la grammaire de la marque.
2. Définir ses publics
Chaque audience a ses attentes, ses codes, sa langue. Une marque grand public n’écrira pas comme un cabinet de conseil en stratégie ; et c’est tant mieux. Bien connaître ses publics, c’est savoir où placer le curseur : entre le familier et le soutenu, entre l’expertise et la pédagogie, entre la concision et l’envolée. Travailler à partir de personas précis aide à cartographier ces registres et à les manier sans fausse note.
3. Formaliser la charte éditoriale : C’est ici que l’identité verbale se traduit en règles partageables. Une charte éditoriale précise :
- Le ton à adopter (inspirant, chaleureux, technique, érudit, malicieux…).
- Les mots et expressions à privilégier pour incarner l’univers de la marque et asseoir sa crédibilité.
- Les termes à éviter, ceux qui trahiraient le positionnement ou créeraient une dissonance.
- Les formats rédactionnels propres à chaque canal : site, réseaux sociaux, emailing, presse, support client.
- La structure et le rythme des phrases ; phrases courtes et incisives, périodes plus amples, alternance des deux.
- La gestion des variations culturelles et linguistiques, particulièrement essentielle pour les marques internationales.
4. Donner à voir, par des exemples : Une charte ne vaut que par les exemples qu’elle propose. Phrases types, accroches, formulations de relance, scénarios précis (service client, campagne, communication interne) ; l’illustration est ce qui distingue un document théorique d’un outil réellement opérant. C’est là, souvent, que la charte cesse d’être un document pour devenir un réflexe d’équipe.
5. Éprouver, ajuster, faire vivre : Une identité verbale n’est jamais figée. Elle se confronte au réel, s’épanouit ou se froisse à l’usage, doit s’adapter aux retours des publics et aux mouvements de la société. Une veille régulière permet d’actualiser la charte et de maintenir la marque en phase avec son époque, sans renier ce qui la fonde.