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Conférence “Contre-récits : et si nous imaginions un autre monde désirable ?”

Changer le monde commence peut-être par changer les histoires que l’on se raconte.

Depuis des décennies, un grand récit façonne nos imaginaires : celui d’une croissance infinie, synonyme de progrès, de confort et de bonheur collectif. Une promesse séduisante, mais qui montre aujourd’hui ses limites. Car cette prospérité ne profite qu’à une minorité, tout en reposant sur une exploitation démesurée des ressources, au point de menacer les conditions mêmes de notre existence.

Comment, dès lors, imaginer un avenir désirable sans reproduire les erreurs du passé ? Quels mots, quelles images, quelles histoires inventer pour réconcilier les aspirations humaines avec les limites du vivant ?

C’est tout l’enjeu du cycle « Contre-récit(s) pour un monde réellement désirable », proposé dans le cadre de la saison 0 de l’École de la résilience. À travers trois conversations réunissant chercheurs, acteurs de terrain et étudiants de différents horizons, l’ambition est de questionner les récits dominants pour ouvrir de nouvelles perspectives. Une invitation à décoloniser nos imaginaires et à retrouver notre capacité collective à inventer d’autres futurs.

La première rencontre, organisée le 21 janvier, donnait la parole à Valérie Colomb, enseignante-chercheuse à Sciences Po Lyon et spécialiste des dynamiques de communication et de mobilisation collective. Son intervention interrogeait le pouvoir des contre-récits comme outils de compréhension, mais aussi comme leviers de transformation.

Car face à l’urgence écologique, plusieurs grandes visions du futur s’affrontent. Il y a d’abord les récits de la transition, qui misent sur la sobriété, la résilience, les économies circulaires, la permaculture ou le biomimétisme pour réinventer nos façons de vivre.

Viennent ensuite les récits technologiques, portés par la conviction que l’innovation permettra de résoudre les crises environnementales, voire de dépasser les limites de notre planète. De la géo-ingénierie à la colonisation spatiale, ces imaginaires promettent un salut par la technique, au risque d’évacuer les questions de responsabilité, de justice et de partage.

Enfin, les récits de l’effondrement oscillent entre résignation, confrontation, survivalisme et préparation d’un monde d’après. Des visions qui prennent acte de la gravité de la situation, mais peinent parfois à dessiner un horizon collectif mobilisateur.

Entre promesse d’un progrès sans limites et prophétie de la catastrophe, une question demeure : et si notre plus grande difficulté n’était pas seulement de changer nos modes de vie, mais d’imaginer ce qui pourrait les remplacer ?

Car nos imaginaires ne sont pas de simples représentations du monde. Ils orientent nos désirs, nos choix et nos actions. Ils déterminent ce que nous considérons comme possible, souhaitable ou inévitable.

Inventer de nouveaux récits, ce n’est donc pas simplement raconter le monde autrement. C’est commencer à le transformer.

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Rencontre avec Valérie Colomb  enregistrée le 21 janvier 2026 à Graphéine, Lyon.

Évènement en partenariat avec Agence Alter_ / Collectif Item / ESAA La Martinière-Diderot / Agence Graphéine Lyon / La Fabrique des Questions Simples, / STRAT Lyon / Université Lyon 2.